ch guevara

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Ernesto Rafael Guevara de la Serna est né le jeudi 14 juin 1928 à Rosario, Argentine. Il est le premier fils de l'architecte Ernesto Guevara Linch, de descendance espagnole et irlandaise de par sa mère, et de Celia de la Serna et de la Llosa, descendante d'une famille fortunée. Ernesto ou "Teté", comme le surnommeront ses parents, a quatre frères et s½urs : Roberto, Celia, Ana María et Juan Martín. Le couple Guevara-de la Serna, s'est marié en 1927 puis s'en est allé vivre à Puerto Caraguatay, dans la province de Misiones, où ils ont une exploitation d'herbe à mate. Celia étant enceinte, ils décident de se rendre à Buenos Aires en bateau sur le río Paraná, pour que le bébé naisse en toute sécurité. Mais le 14 Juin 1928, le bateau doit faire une halte dans le port de Rosario, province de Santa Fe. L'accouchement de Celia se déroule plus tôt que prévu, et le bébé vient au monde dans la maternité de l'Hôpital Centenario. Ses parents le prénomment Ernesto Rafael.

A la fin de l'année 1929, la famille s'installe dans la rue Alem, quartier de San Isidro, à Buenos Aires. C'est là que naîtra le 31 décembre la s½ur de Ernestito, Celia. Le 2 Mai 1930, Ernesto qui n'a pas encore deux ans tombe malade. Il souffre de sa première crise d'asthme. En 1931, la famille déménage dans un faubourg élégant de la capitale, rue Bustamente y Peña, où naîtra Roberto, le 18 Mai 1932. En raison des problèmes de santé de Ernesto, la famille va changer plusieurs fois de résidence, jusqu'à ce qu'un médecin ne leur conseille de se rendre à Alta Gracia, dans la province de Córdoba. Le climat plus sec de cette région est favorable à Ernesto, et ils décident donc de louer une maison à Villa Carlos Pellegrini. La maison de deux étages s'appelle "Villa Chiquita", et c'est là que va naître Ana María.

Les problèmes de santé de Ernesto conduisent sa mère Celia à se charger de son éducation primaire. Puis il suivra normalement les cours à l'école San Martín, puis au collège Manuel Solares. En Mars 1942 il commence ses études secondaires au Collège National Déan Funes, à Córdoba, à environ 45 kilomètres de Alta Gracia. La famille Guevara-de la Serna va vivre à Alta Gracia jusqu'au début de 1943, année où Ernesto fait connaissance des frères Granado et Ferrer, avec lesquels il se liera d'amitié pour très longtemps. Au cours de l'été, ils déménagent une fois encore pour habiter une maison dans la rue Chile à Córdoba. C'est au mois de Mai que naît Juan Martín.

En 1946, la famille déménage à Buenos Aires pour aller vivre dans un appartement de la grand-mère paternelle. Quand la grand-mère, Ana Isabel, tombe gravement malade, Ernesto la veille durant 17 jours, et à sa mort, il annonce qu'il étudiera la médecine au lieu des études d'ingénieur qu'il avait envisagé.

Ernesto est jugé inapte pour le service militaire en raison de sa maladie. En 1947 il commence ses études de médecine et montre peu d'intérêt envers la politique et les mouvements de protestations des étudiants, même si ses parents, et plus particulièrement sa mère, sont des militants anti-péronistes. Mais à la fin de l'année il fait connaissance de Berta Gilda Infante, connue sous le nom de Tita. Elle est membre de la Jeunesse Communiste Argentine. Ils deviennent vites bons amis et Ernesto lit avec elle les textes marxistes et ils discutent de la réalité politique de l'époque.

C'est en Octobre 1950, qu'il décide de faire son premier voyage en Amérique Latine, en passant par le Chili, le Pérou et la Colombie. Il est le spectateur attentif des problèmes sociaux des pauvres de ces pays, et cite dans ses notes la phrase de José Marti : "Je veux unir mon destin à celui des pauvres du monde". Le 29 Décembre 1951, il part avec son ami Alberto Granados à travers le continent sud-américain. Mais la moto sur laquelle ils font le voyage, une Norton 500 c.c., les lâche et ils doivent travailler, soit comme assistant médecin ou effectuant des petits boulots, pour continuer leur périple.

Ernesto revient à Buenos Aires en Août 1952 pour poursuivre ses études de Médecine. Il reçoit le titre de Docteur en Médecine et Chirurgie le 11 Avril 1953 à l'Université de Buenos Aires. Le 7 Juillet 1953 il part une nouvelle fois en voyage à travers l'Amérique du Sud et Centrale. Il est accompagné par Carlos Ferrer "Calica". Il observe en Bolivie les changements sociaux apportés par le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire arrivé au pouvoir. Puis ils visitent le Pérou, l'Equateur, le Panamá et le Costa Rica, où ils font la connaissance des cubains Calixto García et Severino Rosell, qui avaient participé à l'assaut du Cuartel Moncada. Ils poursuivent le voyage et visitent le Nicaragua, le Honduras et le Salvador, pour finalement arriver au Guatemala en 1953.

Au Guatemala, le Che poursuit sn éducation politique à travers l'amitié qu'il lie avec l'économiste et exilée péruvienne d'origine indienne, Hilda Gadea Ontalia, ancien membre du Parti Apriste (APRA, Alianza Popular Revolucionaria Americana). Il se lie d'amitié également avec un groupe de révolutionnaires cubains, qui le 26 Juillet 1953 prirent part à l'assaut du Cuartel Moncada. Parmi eux se trouve Nico López, qui baptisera Ernesto du surnom de « Che ».

Il se tient au courant auprès d'eux des actions entreprises et prend la ferme décision de poursuivre la lutte dès la libération de Fidel Castro et d'autres camarades. Ernesto Che Guevara se met en contact avec le Parti Guatémaltèque du Travail et officie comme médecin dans les syndicats. Il participe activement à la politique interne du pays pour la défense du gouvernement démocratique et révolutionnaire de Jacobo Arbenz. Mais après l'invasion organisée par la CIA, Arbenz tombe en Septembre 1954.

En tant qu'argentin et en raison de sa position en faveur du gouvernement de Arbenz, Ernesto Che Guevara ne peut rester plus longtemps au Guatemala, et après avoir demander asile auprès de l'Ambassade d'Argentine, le Che décide de se rendre à Mexico, où il travaillera comme photographe et à l'Hôpital Général. Un mois plus tard il est rejoint par Hilda Gadea et Nico López.

Un jour, de visite chez María Antonia Gonzales, au Numéro 49 de la rue José Amparán, Ernesto fait connaissance de Raúl et Fidel Castro. María Antonia est une cubaine résidant à Mexico, qui collabore efficacement avec les révolutionnaires exilés. Au cours de cette réunion, le Che reste à converser durant une dizaine d'heures avec Fidel, durant lesquelles ils échangent tout type d'opinions. Le leader de la révolution cubaine lui explique les raisons de sa lutte contre le dictateur Batista. A la fin de cette conversation le Che fait dès lors parti du groupe.

Il se marie le 8 Août 1955 avec Hilda à Tepotzotlán, près de Mexico. Hilda est enceinte et le futur parrain est Raúl Castro. Le 15 Février 1956, naît Hilda Guevara Gadea. Ernesto reste 57 jour dans la prison Miguel Schultz après avoir été arrêté par la police mexicaine dans la hacienda "Santa Rosa", Popocatépetl, à 35 kilomètres de la capitale, qui était le camp d'entraînement des révolutionnaires cubains qui préparaient une attaque contre Cuba, et qui étaient dirigés par le Général Alberto Bayo, un ancien colonel de l'Armée Républicaine pendant la Guerre Civile en Espagne.

Le Che a toujours caché ses activités révolutionnaires à ses parents, et il leur envoie une lettre les informant de sa situation et leur annonçant sa séparation avec Hilda. Le Dimanche 25 Novembre 1956, de l'embouchure du río Tuxpán au Mexique, Ernesto Che Guevara s'en va avec le "Granma" avec 81 autres hommes à bord, un yacht d'une capacité de 25 personnes seulement, que Fidel Castro avait acheté à une entreprise nord américaine.

Une semaine plus tard, le Dimanche 2 Décembre, ils débarquent à Los Cayelos, à l'est de Cuba, commençant la guérilla révolutionnaire dans les montagnes de la Sierra Maestra. Dès le début, le Che se distingue en tant que combattant de la lutte révolutionnaire à Cuba contre la tyrannie du dictateur Fulgencio Batista. Le 1er Mars 1958, est diffusée pour la première fois « Radio Rebelde », une radio créée par le Che.

A la fin du mois d'Avril 1958, Ernesto est envoyé depuis Jibaro, dans la Sierra Maestra, à la tête du commando de la 8ème Colonne vers la région centrale du pays. Ils arrivent jusqu'à la Sierra del Escambray, province de Las Villas, où ils vont monter un camp de base. Le Che participe avec beaucoup d'ardeur aux combats et plus particulièrement à la Bataille de Santa Clara le 1er Décembre 1958, laquelle s'avère très importante dans leur objectif principal : faire tomber la dictature et faire triompher la Révolution Cubaine. Le 1er Janvier 1959, Cuba est libéré, et Batista part en exil.

Le 2 Janvier, Camilo Cienfuegos Gorriarán entre dans La Havane, paralysée par une grève générale. Le lendemain le Che y fait son entrée, et le Dimanche 8 Janvier, Fidel Castro entre victorieusement dans la capitale. Les parents du Che arrivent le Lundi à Cuba, 6 ans après la dernière rencontre avec leur fils. Le 21 Janvier, Hilda Gadea et Hildita viennent vivre à La Havane.

En égard aux services rendus à Cuba, Ernesto Che Guevara est déclaré citoyen cubain par le Conseil des Ministres le Lundi 9 Février 1959. Au mois de Mars 1958, Ernesto avait fait la connaissance à Escambray une jeune cubaine de 22 ans, Aleida March Torres, et le 2 Juin 1959 le mariage est célébré après que le divorce fut prononcé entre le Che et Hilda Gadea le 22 Mai 1959.

Du 12 Juin au 5 Septembre, Ernesto Che Guevara est en mission pour le gouvernement cubain en Egypte, Soudan, Inde, Birmanie, Indonésie, Ceylan, Japon, Maroc, Yougoslavie et en Espagne. Durant plusieurs années il rempli des fonctions officielles au sein du gouvernement cubain. Parmi ces différentes charges gouvernementales, militaires et économiques, il est nommé Chef des Forces Armées Révolutionnaires, Chef de l'Industrie et de la Réforme Agraire, et le 26 Novembre 1959 il occupe le poste de Président de la Banque Nationale de Cuba.

Le 4 Mars 1960, dans un attentat organisé par la CIA, le bateau belge « La Couvre », qui apportait des armes à Cuba, explose dans le port de La Havane. Le lendemain, Alberto Korda prend la célèbre photo du Che en hommage aux victimes de l'attentat, et au cours de la cérémonie Fidel Castro prononce cette phrase qui restera dans l'histoire : "Patria o muerte. ¡Venceremos!" (La Patrie ou la mort. Nous vaincrons !).

Le Che préside de nombreuses missions officielles au nom du Gouvernement Révolutionnaire. Du 22 Octobre au 9 Décembre, il est à la tête de la mission économique de Cuba qui est de visite en URSS, Tchécoslovaquie, RDA et République Populaire de Chine. Le 19 Octobre 1960, Les Etats-Unis décrètent l'embargo commercial de Cuba. Le 17 Novembre, pendant son séjour en Chine, vient au monde Aleida Guevara March, ou "Aliusha", à La Havane. C'est là également que naîtront ses autres frères.

Le 3 Janvier 1961 les Etats-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec Cuba. Le 23 Février 1961, le Che est nommé Ministre de l'Industrie et Membre du Conseil Central du Plan. Le 20 Mai 1962 naît son fils,Camilo, nom qu'il lui donne en hommage à son camarade Camilo Cienfuegos, qui mourut tragiquement dans un accident aérien. Du 17 au 20 Avril 1961, Ernesto Che Guevara occupe le commandement militaire de Pinar del Río pendant l'attaque de mercenaires sur la Plage Girón, dans la Baie des Cochons (Bahía de los Cochinos), au cours de laquelle 1500 contre révolutionnaires cubains tentent d'envahir l'île dans une opération organisée et financée par la CIA. Les révolutionnaires mettront en déroute les mercenaires en moins de 72 heures.

Le 4 Août, le Che est à la tête de la délégation cubaine lors de la Conférence des Amériques de Punta del Este en Uruguay. La délégation est reçue à l'Aéroport National de Carrasco par des milliers de personnes chantant des slogans anti-yankees et aux cris de « vive la Révolution Cubaine ». En Octobre 1962 et jusqu'en Novembre de la même année, Ernesto occupe le commandement militaire des troupes de Pinar del Río pendant la Crise d'Octobre.

Lors de sa présence à Cuba, le Che ½uvre dans de nombreuses tâches : il est l'initiateur du Travail Volontaire dans tout le pays, de l'organisation des Forces Armées Révolutionnaires (FAR) ; il est le fondateur de la revue Verde Olivo, où il écrit de nombreux articles ; il est l'auteur de différents livres et essais. Les ½uvres du Che les plus connues sont : « Diario de Bolivia », « Discurso en Argel », « Discours lors de la XIXème Assemblée Générale des Nations Unies », « El cuadro, columna vertebral de la revolución », « El Socialismo y el Hombre en Cuba », « La Guerra de Guerrillas », « Mensaje a los Pueblos del mundo a través de la Tricontinental », « Pasajes de la Guerra Revolucionaria », « Reforma Universitaria y Revolución », « Sobre la construcción del Partido », « Solidaridad con Vietnam del Sur », « Táctica y Estrategia de la Revolución Latinoamericana ».

Le 14 Juin 1963 naît le quatrième enfant du Che, le troisième avec Aleida. C'est une fille qui sera appelée Celia, en hommage à sa mère. Le 19 Mars 1964, vient au monde Omar Pérez, fruit de la relation extraconjugale que Ernesto a eu avec Lidia Rosa López. Du 20 Mars 1964 au 13 Avril, le Che est à la tête de la délégation cubaine pendant la conférence de l'ONU pour le Commerce et le Développement à Genève, en Suisse. Du 15 au 17 Avril, il est en visite en France, Algérie et Tchécoslovaquie. Il visite l'URSS du 5 au 19 Novembre et participe au 47ème Anniversaire de la Révolution d'Octobre. Il préside à nouveau la délégation cubaine lors de l'Assemblée Générale de l'ONU à New York du 9 au 17 Décembre. Puis il se rend en Algérie.

En Janvier 1965, Ernesto Che Guevara est en République de Chine, puis au Mali, Congo (Brazzaville), Guinée, Ghana, Dahomey, Tanzanie, Egypte, Algérie et revient à La Havane le 14 Mars. Sa dernière intervention publique à Cuba a lieu le 15 Mars quand il fait un compte rendu de ses voyages à l'étranger devant ses collaborateurs de Ministère de l'Industrie. Afin de poursuivre plus en avant ses idéaux libertaires, il sollicite de la Direction de la Révolution Cubaine son détachement des responsabilités qui le lient à Cuba, pour reprendre la lutte armée en solidarité avec les peuples du monde.

Le 1er Avril 1965 il écrit des lettres d'adieux à ses parents, ses enfants et Fidel Castro, et s'en va pour le Congo. C'est dans ce pays qu'il apprendra la mort de sa mère. Un an plus tard, le Jeudi 3 Novembre 1966, Ernesto Che Guevara arrive à La Paz, en passant par Madrid et Sao Paulo. Il entre clandestinement en Bolivie sous le nom de Adolfo Mena González, fonctionnaire péruvien de l'Organisation des Etats Américains et possède au cas où, un passeport uruguayen au nom de Ramón Benítez Fernández.

Le 7 Novembre il se trouve dans une hacienda de Ñancahuasú où, avec un petit groupe de combattants boliviens, cubains et autres nationalités, il fonde l'Armée de Libération Nationale de la Bolivie (Ejército de Liberación Nacional de Bolivia). Pendant son séjour en Colombie, il est connu en tant que "Comandante Ramón", et également "Fernando el sacamuelas". Mais 11 mois plus tard, après avoir été fait prisonnier et sérieusement blessé, Ernesto Che Guevara est exécuté, le Dimanche 8 Octobre 1967 à 13h10, par des soldats boliviens dirigés par des agents de la CIA, dans la petite école du village de La Higuera, province de Chuquisaca.

Le 18 Octobre 1967, su la Place de la Révolution, Fidel Castro informe le demi million de cubains présents de la mort du Commandant Ernesto Che Guevara : « Tu as disparu physiquement, mais ton image et tes idéaux restent et resteront présents en nous, parce que ceux-là ils ne pourront jamais les tuer avec des balles ».
# Posté le jeudi 25 octobre 2007 13:41

Martin Luther KING

Martin Luther KING
Martin Luther King est né à Atlanta, en Géorgie, le 15 janvier 1929. Sa mère, Alberta Williams, institutrice avant son mariage, était la fille d'Adam Daniel Williams, pasteur pendant dix-sept ans de l'Eglise baptiste Ebenezer et pionnier de la résistance aux discriminations raciales : membre de la National Association for the Advancement of Colored People, il avait lutté pour obtenir un collège secondaire pour les Noirs et fait boycotter un journal raciste. Son père, Martin Luther King Senior, était également pasteur, et il succéda d'ailleurs dès 1931 à Adam Williams dans la responsabilité de la paroisse. Le milieu où le jeune Martin Luther King (Martin Luther King Junior) allait grandir était donc celui d'une bonne classe moyenne. Tout en étant très bagarreur et très émotif, il connut effectivement une enfance paisible imprégnée de morale évangélique.

Martin Luther King a ignoré le ghetto et la misère, les rats et la vermine, qui étaient et restent le lot de plusieurs millions de Noirs américains et il eut toutes les facilités pour entreprendre de bonnes études. Son père, fils d'un ouvrier asservi de plantation, avait su s'élever dans la société, acquérant à la fois une influence de responsable spirituel et une aisance matérielle certaine. Martin Luther Jr savait qu'on attendait de lui une réussite analogue.

De fait, le jeune homme fit des études brillantes. En 1944, il entrait au Morehouse CoUege d'Atlanta, pensant devenir médecin ou avocat. Malgré le souhait de ses père et grand-père, il ne désirait pas devenir pasteur à son tour, se sentant mal à l'aise avec l'émotivité excessive qu'il percevait dans les églises réservées aux Noirs. Toutefois, l'enseignement de certains de ses professeurs qui étaient pasteurs lui prouva qu'une carrière religieuse pouvait être intellectuellement satisfaisante, et il finit par embrasser cette voie. Il fut ordonné dans le temple de son père à Atlanta en 1947, et nommé assistant de cette paroisse.

Toujours étudiant à Morehouse, Martin Luther King eut une activité très dense au sein de la National Association for the Advancement of Colored People (N.A.A.C.P.), organisation créée en 1909. Car s'il bénéficiait d'une sécurité matérielle, il n'en connaissait pas moins l'insécurité morale qui frappait tous les Negres et, comme son père, il voulait faire progresser la situation de ses frères de peau. Il quitta Morehouse en 1948, avec une licence de lettres, pour le Crozer Theological Seminary de Chester, en Pennsylvanie, où il était l'un des six Noirs dans un groupe de cent étudiants. En 1951, il obtint une licence de théologie et décida de poursuivre des recherches à l'Université de Boston, tandis qu'il continuait à suivre des cours de philosophie à l'Université de Harvard. A partir de 1953, il se consacra à la rédaction d'une thèse : "Comparaison de la conception de Dieu chez Paul Tillich et Henry Nelson Wieman". Il obtint le doctorat de troisième cycle de théologie systématique en juin 1955.

King possédait une solide érudition. Le théologien "social" Walter Rauschenbusch avait marqué sa pensée, tout comme Henri-David Thoreau, Hegel, Tillich, et ... Gandhi. Il se définissait comme "personnaliste", et il ne faisait point de doute pour lui que l'Eglise devait jouer un rôle actif dans l'établissement de la justice sociale. Il avait également lu Marx, ce qui, dans les Etats-Unis de l'époque, n'allait pas de soi.

En 1952, Martin avait fait la connaissance de Coretta Scott, pédagogue de formation et chanteuse. Cela avait abouti à leur mariage, le 18 juin 1953, et, en septembre 1954, tous deux s'installaient à Montgomery (Alabama), ville habitée par cinquante mille Noirs et quatre-vingt mille Blancs, où Martin Luther King prit la succession d'un "pasteur de choc", dans une des églises baptistes noires qui comptaient beaucoup de familles aisées et d'intellectuels.

Le 17 mai 1954, la Cour Suprême des Etats-Unis avait décrété que dans l'éducation, droit majeur de l'homme, la ségrégation était contraire à la Constitution. Il s'agissait d'un événement important, qui ouvrait une brèche dans le mur soigneusement élaboré du mépris racial , mais l'intégration était encore loin d'être réalisée, surtout dans les Etats du Sud. Afin d'intéresser ses paroissiens aux problèmes du peuple noir, et surtout afin de les amener à faire pleinement usage de leurs droits civiques, King suscita très vite un comité d'action sociale et politique, et il invita les membres de la communauté à adhérer à la N.A.A.C.P. qui avait été pour beaucoup dans la décision de la Cour Suprême. Mais c'est le ler décembre 1955 que se produisit l'événement qui allait orienter toute sa carrière de pasteur.

Ce jour-là, en effet, une couturière noire de cinquante ans, Mme Rosa Parks, refusa de céder sa place assise dans l'autobus à un Blanc, comme les lois de l'Alabama le lui enjoignaient. La police l'interpella, et elle se serait retrouvée en prison si un témoin de la scène n'avait payé immédiatement sa caution. Martin Luther King fut averti et, scandalisé, il décida avec son ami le pasteur Ralph Abernathy d'organiser le soir même une réunion au temple, avec tout ce que la communauté noire de Montgomery pouvait compter de membres influents, pasteurs, avocats, médecins, syndicalistes... Un syndicaliste ayant suggéré un boycott des autobus, l'idée fut discutée et, progressivement, adoptée. Les pasteurs annonceraient la décision à l'office du dimanche. Un tract serait distribué à la population de couleur.

Le lundi 5 décembre, les Noirs ne devraient pas prendre l'autobus pour aller au travail, à l'école, à la ville ! Le lundi matin, chacun était anxieux : les Noirs prendraient-ils ou non l'autobus ? Ils ne le prirent pas, et les conducteurs se promenèrent tout seuls, car les Blancs s'étaient eux-mêmes abstenus par crainte des troubles ! Les taxis, en revanche, étaient pleins, les rues étaient encombrées de bicyclettes et de piétons. On marchait. Certains, qui avaient quinze ou vingt kilomètres à effectuer pour se rendre à leur travail, marchèrent même beaucoup. Mais on souriait, on applaudissait, on s'interpellait. C'était la levée en masse de la piétaille ! La police aurait voulu arrêter les meneurs... mais qui était meneur ?

Dans la journée, Mme Parks fut condamnée à dix dollars d'amende pour violation des lois locales de ségrégation. Le soir, une grande assemblée se tint. Martin Luther King, parlant plusieurs orateurs, s'écria : "Nous en avons assez d'être maltraités et opprimés. Nous avons été trop patients. Une des gloires de la démocratie, c'est qu'elle donne au peuple le droit de protester. Nous le ferons, mis sans violence ni haine. L'amour du prochain sera notre règle". Les applaudissements et les reprises en choeur de ses phrases l'interrompaient constamment. On décida que le boycott serait prolongé jusqu'à ce que des pratiques humiliantes cessent d'être imposées aux Noirs dans les autobus. On créa aussitôt une nouvelle organisation, l'Association pour le Progrès de Montgomery, et King en fut nommé président.

L'action dura trois cent quatre-vingt deux jours ! A maintes reprises, les autorités firent pression sur King pour qu'il mette fin au boycott. Le 26 janvier 1956, on l'arrêta sous le fallacieux prétexte d'excès de vitesse. Quatre jours plus tard, un attentat fut commis contre son domicile, manquant de déclencher une réaction noire violente qu'évita de justesse King en faisant appel à la raison. En mars, on intenta un procès au pasteur pour violation des lois anti-boycott, et il fut condamné à cent quarante jours de prison et cinq cents dollars d'amende. Cette lutte, Martin Luther King l'a racontée dans "Combats pour la liberté".

Pendant des mois, les Noirs, unis comme ils ne l'avaient jamais été, s'entraidèrent ainsi pour des services de taxis bénévoles, permettant le transport quotidien de quarante deux mille personnes, ou s'encouragèrent les uns les autres à circuler à pied et à se tenir prêts à être jetés en prison. Au bord de la faillite, la compagnie d'autobus fut finalement obligée d'accepter la fin des mesures discriminatoires. Mais la victoire ne s'arrêtait pas là : dès novembre 1956, la Cour Suprême des Etats-Unis avait déclaré inconstitutionnelles lois imposant la ségrégation dans les transports ! Le 21 décembre, les Noirs purent ainsi prendre les autobus dans mêmes conditions que les Blancs, sous la protection d'une loi anti-ségrégation. Pour eux, c'était la prise de la Bastille !

Dès lors, Martin Luther King allait apparaître comme le leader national du mouvement de résistance. En janvier 1957, les leaders noirs de dix Etats du Sud se rencontraient pour former l'organisation qui s'appellera Southern Christian Leadership Conference (S.C.L.C.), et King en fut élu président. Pour commencer, cette organisation décida de concentrer son attention sur la discrimination pratiquée dans les transports ailleurs qu'à Montgomery malgré la nouvelle loi, et l'accession des Noirs au droit de vote.

Figure de proue du mouvement noir, King parcourut, en 1957, des dizaines de milliers de kilomètres et prononça deux cent huit discours. On l'appelait "le nouveau Moise" ou "le nouveau Gandhi". Un thème revenait comme une obsession dans toutes ses allocutions : la défense des droits civiques. Et pour obtenir ces droits, proclamait-il, il fallait que les Noirs commencent par acquérir le respect d'eux-mêmes. Preuve de la popularité grandissante de King : en mars 1957, Kwame Nkrumah l'invitait aux cérémonies qui marquèrent l'indépendance du Ghana.

A son retour d'Afrique, les deux mouvements de lutte, la S.C.L.C. et la N.A.A.C.P., décidaient d'organiser une manifestation à Washington, le 17 mai 1957, pour le troisième anniversaire de la décision de la Cour Suprême supprimant la ségrégation dans les écoles. Vingt-cinq à trente mille Noirs et quelques Blancs, massés devant le mémorial de Lincoln, écoutèrent les orateurs qui réclamaient la fin de la ségrégation raciale. King fut ovationné. Un mois plus tard, il était reçu, en compagnie de Ralph Abemathy, par le vice-président Nixon. Puis, le 23 juin, c'était au tour du président Eisenhower de lui accorder une audience. Mais dans les deux occasions, on ne lui fit que des réponses très vagues, qui aboutirent à une loi affirmant le droit de vote des Noirs mais n'offrant guère d'espoirs d'application immédiate. Le langage de King, lui, était ferme et exigeant.

En septembre 1958, mois de la sortie en librairie de "Combats pour la liberté", Martin Luther King fut insulté, brutalisé et arrêté par des agents de police. Il fut vite relâché, un inconnu ayant payé sa caution. Mais, peu après, une femme noire exaltée, que des campagnes de diffamation contre le pasteur avaient convaincue que celui-ci était communiste, lui plantait un coupe-papier en acier dans la poitrine. La pointe s'arrêta tout contre l'aorte, et c'est miracle que King ne soit pas mort. Pendant sa convalescence, invité par Nehru, il se rendit avec sa femme en Inde, sur les traces de Gandhi.

Le progrès vers l'égalité raciale restait bien lent, surtout dans le Sud des Etats-Unis. Presque partout, on se contentait de gestes symboliques, par exemple quelques élèves noirs dans une grande école qu'on proclamait "intégrée". De ce fait, la patience des Noirs était mise à rude épreuve, et à partir de 1959, les "Musulmans Noirs", qui refusaient de faire appel, comme King, à la conscience des Américains blancs et prônaient la violence, commencèrent, sous la direction d'Elijah Muhammad et surtout de Malcolm X, cette autre grande figure de l'Amérique noire, à acquérir une large audience, surtout dans les ghettos noirs des grandes villes du Nord.

A la fin de 1959, les King quittaient Montgomery, où Martin Luther, étant donné ses fonctions à la tête de la S.C.L.C., ne pouvait plus assurer un service pastoral normal, et ils rejoignirent Atlanta. Montgomery avait été le premier épisode de la révolte noire. Greensboro fut le deuxième. Dans cette ville de Caroline du Nord, autre Etat des plus racistes des U.S.A., quatre étudiants noirs s'installèrent, le ler février 1960, dans un buffet réservé aux Blancs et refusèrent d'en partir. Une station de radio transmit l'information. Aussitôt, des dizaines d'étudiants vinrent en renfort à leurs camarades : les "sit-ins" venaient de faire leur apparition comme tactique de masse.

Ce mouvement allait s'étendre à plus de cent villes et mobiliser soixante-dix mille protestataires. Injuriés, les manifestants restaient silencieux. Frappés, ils ne rendaient pas les coups. Même quand des jeunes Blancs s'amusaient à tirer les cheveux des filles noires ou à écraser des cigarettes allumées sur leur cou, celles-ci ne répondaient pas. Tous priaient et supportaient tout dans la dignité.

Il y eut des centaines d'arrestations. Martin Luther King n'avait pas été directement à l'origine de cette action, mais il allait d'un lieu à un autre, soutenant les résistants, se joignant à leurs démonstrations, se faisant arrêter avec eux. Il expliquait : "Pour que la résistance non-violente ait un sens, il faut que cela soit dirigé vers la réconciliation. Notre but final est la création de la communauté d'amour fraternel. Les tactiques non-violentes sans l'esprit de la non violence peuvent devenir une sorte de violence". Cette forme de lutte contre la ségrégation permit d'accomplir à un rythme accéléré l'intégration dans les restaurants, sur les plages, dans les piscines, dans les bibliothèques, dans les églises...

En 1960 toujours, des jeunes de la S.C.L.C. organisaient un groupe distinct pour l'action, et ils l'intitulaient "Comité des Etudiants Non-violents" (S.N.C.C. ou Snick), groupe qui, sous l'impulsion notamment de Stokely Carmichael, allait évoluer cinq à six ans plus tard en s'éloignant de la non-violence. C'est l'année aussi où King fut accusé de fraude fiscale, accusation dont il fut lavé mais qui le toucha beaucoup moralement. Le leader insistait toujours plus sur la Luther King avait été parmi les quelques vingt et un mille personnes arrêtées dans les Etats du Sud, tandis que quelques progrès étaient apparus en direction de l'intégration et des droits des électeurs, et que des comités paritaires poursuivaient des négociations dans plus de cent localités.

Kennedy mort, en était-ce fini des espoirs des Noirs américains ? Lyndon B. Johnson poursuivit, heureusement, les efforts de son prédécesseur, et le 2 juillet 1964, une nouvelle loi sur les droits civiques était votée. Ce texte s'attaquait à la non-participation politique des Noirs, interdisait la discrimination dans les lieux publics, faisait désormais relever les infractions du ministère fédéral de la justice et non plus des juridictions locales, et créait une commission pour étudier les cas de discrimination dans le travail. Aucune loi n'était allée jusqu'à présent aussi loin dans le sens de l'égalité raciale. Pourtant, au même moment, des émeutes noires éclataient un peu partout : New-York, Jersey-City, Dixmoor, Philadelphie... Les jeunes des ghettos des grandes villes américaines du Nord, en effet, avaient dépassé la frontière du désespoir. Ils n'avaient ni passé ni avenir : ils se jetaient dès lors dans la violence la plus aveugle.

En septembre 1964, King était invité par Willy Brandt à Berlin, et il était reçu en audience par le pape Paul VI. A son retour, il soutenait la candidature de Johnson à la présidence des Etats-Unis... et apprenant son élection pour le prix Nobel de la Paix, qu'il allait recevoir à Oslo le 10 décembre 1964.

Par l'intermédiaire du Prix Nobel, Martin Luther King devenait pour le monde entier le symbole de cette révolte noire qu'il était déjà pour le Sud des Etats-Unis, le symbole de la lutte pour la justice par des moyens non-violents. Mais si sa célébrité faisait le tour de l'univers... elle était en train de mourir aux portes des quartiers misérables des métropoles du Nord, dont les habitants entendaient déjà un autre rêve : celui du "Black Power" (Pouvoir noir), celui d'une Amérique sans les Blancs.

Dans la plupart des villes industrielles du Nord et de l'Est, la main-d'oeuvre noire, fuyant le Sud pour trouver des conditions de vie plus humaines, s'était entassée dans des quartiers qui avaient vite ressemblé à l'enfer. Education au rabais. Pas ou peu de fondation professionnelle. Des débouchés en quantité très limitée. Très fort chômage. Revenus inférieurs. Généralisation de l'assistance sous ses pires formes. Conditions sanitaires critiques. Très forte densité. Dégradation de la vie familiale... Au bout, que pouvait-il y avoir, sinon la révolte ? Que pouvait-il y avoir, sinon une haine accumulée contre les Blancs, même si, à la différence du Sud, il n'y avait pas, dans le Nord, de lois racistes ?

En mars 1965, Martin Luther King remporta son dernier succès avec la marche de Selma à Montgomery. Le gouverneur Wallace, de l'Alabama, ne voulait pas abandonner sa politique ségrégationniste, malgré les directives gouvernementales. Une première marche de protestation fut donc organisée, mais elle fut brutalement arrêtée par la police locale, qui fit soixante blessés parmi les manifestants.

Martin Luther King lança alors un appel à tous les partisans des droits civiques pour recommencer, en masse cette fois. Le 21 mars, trente cinq mille "pélerins" rejoignirent Montgomery ! Toutefois, King, proposant un boycott national des produits de l'Alabama, ne fut pas suivi. Pire ! il devenait à présent évident que les jeunes Noirs doutaient désormais des possibilités de l'action non-violente, et ils étaient de plus en plus nombreux à se tourner vers la réaction violente à l'injustice, en se réclamant du "Black Power".

Alors que la non-violence avait permis des changements progressifs dans le Sud, les conditions avaient empiré dans le Nord, où la misère économique rejetait les Noirs encore plus que des lois racistes ne pouvaient le faire. Ayant méconnu la réalité des ghettos du Nord, King se trouva tout à coup en face d'une Amérique Noire qui lui échappait et qui risquait de sombrer dans le meurtre. Il n'apparaissait plus que comme un "bourgeois moraliste", un "oncle Tom" manié et téléguidé par le pouvoir blanc, et les émeutes allaient embraser l'Amérique pendant quelques années...

Martin Luther King avait conscience de tous les espoirs qui avaient été mis en lui, et il ne voulait pas décevoir. Aussi fit-il l'apprentissage des ghettos noirs, quand bien même il s'apercevait qu'on l'écoutait moins. Progressivement aussi, il découvrit que le mal n'était pas seulement dans les coeurs, pas seulement dans les institutions, mais qu'il était également dans les choix politiques. Jusqu'ici, il avait cru au système américain : il commençait à présent à le critiquer. C'était tout le système qui était empreint de racisme, un racisme subtil et quotidien.

En 1966, Martin et Coretta King s'installèrent dans un quartier noir de Chicago. Suivant l'exemple de Danilo Dolci en Sicile, King rassembla des chômeurs pour restaurer des logements inhabités. Le propriétaire le fit poursuivre en justice. Il organisa une grève des loyers avec des locataires exploités. Les classes supérieures s'indignèrent : il avait touché au sacro-saint droit de propriété ! Il aggrava son cas en proposant au maire des mesures qui furent qualifiées de socialistes : construction de logements sociaux dispersés dans la cité, amélioration des transports, augmentation de 100 % du budget scolaire pour des écoles vraiment intégrées... S'adressant au gouvernement fédéral, il réclama un revenu annuel minimum garanti par tête, des lois interdisant la ségrégation pour les ventes et locations de logements, l'augmentation des subventions pour l'éducation, les services sanitaires et sociaux... Il voulait que la République fasse pour ses anciens esclaves ce qu'elle avait fait pour ses anciens combattants. Toutefois, toutes ces initiatives ne rencontrèrent que peu d'échos.

Au début, les militants du "Black Power" refusèrent de collaborer avec King comme celui-ci le souhaitait malgré les divergences ; mais devant ses efforts, ils finirent par accepter. King glorifia avec eux le pouvoir créateur du Noir, faisant imprimer sur des milliers d'affiches "Black is beautiful". Puis, le 4 avril 1967, il lançait une "Déclaration d'Indépendance à l'égard de la guerre du Vietnam", faisant valoir que cette guerre empêchait tout effort sérieux contre la misère aux U.S.A. et dans le monde, et que surtout, elle était un acte criminel.

Pendant l'été 1967, Martin Luther King se rendit encore à Cleveland apporter son soutien à Carl Stokes, un Noir candidat à la mairie. Mais celui-ci, craignant de perdre quelques électeurs blancs... refusa de le rencontrer. Stokes fut cependant élu. Les émeutes, pendant ce temps, continuaient. Le pasteur proposa des moyens non-violents de protestation : "Bloquer le fonctionnement d'une cité sans destruction est plus efficace qu'une émeute. Cela obligera l'administration et le Parlement à chercher des remèdes plus radicaux que des mesures de police". On ne l'écouta pas.

Ne désespérant pas, Martin Luther King, alors qu'il était une nouvelle fois emprisonné à Birmingham avec d'autres leaders, commença à préparer avec ceux-ci l'organisation d'une "Marche des Pauvres" de tout le pays vers Washington pour le printemps 1968. Sa foi dans la non-violence restait entière : "Dans un monde dont la culture et l'esprit sont tellement en retard sur la capacité technologique, au point que nous vivons chaque jour au bord de l'anéantissement nucléaire, la non-violence n'est plus un choix pour l'analyse intellectuelle : c'est un impératif pour l'action". Signe de sa radicalisation, il fit un discours à New-York, à la mémoire de W.C.B. Du Bois, Noir américain éminent, devenu communiste, et mort, exilé volontaire, au Ghana. Le 31 mars 1968, à la cathédrale épiscopalienne de Washington, il accusait : "On a libéré les Noirs, mais on ne leur a pas donné de quoi se payer le car jusqu'à la maison".

C'est alors que, tout en préparant la "Marche des Pauvres", Martin Luther King alla participer aux manifestations des éboueurs grévistes de Memphis (Tennessee). Depuis huit semaines, ceux-ci, dont une majorité de Noirs, étaient en grève, et il y avait eu des violences : mort d'un jeune homme tué par la police, arrestations en grand nombre. Les leaders se demandaient s'il fallait tout arrêter ou continuer. King vint donc, pour marcher avec les travailleurs dont la dignité était en cause. Le soir du 3 avril, il parla au temple maçonnique de la ville : "Comme tout le monde, j'aimerais vivre une longue vie. La longévité, c'est appréciable. Mais ce n'est pas à cela que je pense maintenant. Je veux seulement faire la volonté de Dieu. Il m'a permis de monter sur la montagne. J'ai regardé au-delà et j'ai vu la Terre Promise. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur".

Le lendemain en fin d'après-midi, Martin Luther King se trouvait sur le balcon de sa chambre d'hôtel. Il appela un ami qui passait sur le trottoir : "Bien entendu, tu joues "Seigneur, prends ma main" ce soir à la réunion. Joue-le bien, pour moi". A ce moment, on entendit un coup de feu. King eut la gorge trouée. Il mourut une heure plus tard.

Comment juger aujourd'hui l'action de Martin Luther King ? Le principal résultat de son combat se situe au plan législatif : les Noirs peuvent en appeler maintenant à l'arsenal des textes fédéraux, et la ségrégation n'est plus légale nulle part aux Etats-Unis. Pendant une dizaine d'années, la communauté noire américaine s'est mobilisée autour d'une même stratégie ; elle a fait bloc, elle a pris en main son destin comme jamais auparavant. Certes, King s'est vu abandonné dans les dernières années de sa vie par toute une partie de son peuple, parce qu'il avait trop tardé à faire une analyse politique de la société américaine et qu'il n'avait pas pris conscience assez tôt de la réalité des ghettos du Nord. Ce n'est vraiment qu'à partir de 1967, avec la guerre du Vietnam, qu'il réalisa que "son rêve" ne s'harmonisait pas avec la société d'un John Kennedy ou d'un Lyndon Johnson.

Les textes qu'il a publiés dans Où allons-nous et La seule révolution témoignent de son évolution. Mais, d'une part, il n'est pas certain que le Martin Luther King "politisé" eut pu réaliser ce que le Martin Luther King des années 1955-1964 a pu faire par son pouvoir charismatique et religieux. D'autre part, qui, depuis, a pu faire mieux que lui ? Le "Black Power", après des débuts retentissants, s'est progressivement tu, et les "Panthères Noires" elles-mêmes en sont venues à préférer des actions sociales à une lutte armée impossible...

King a été le levier qui a soulevé la communauté noire et l'a mise dans la rue pour le juste combat. Il a montré que la non-violence active pouvait gagner.
# Posté le jeudi 25 octobre 2007 14:01
Modifié le jeudi 25 octobre 2007 14:51

pensais

pensais
Mohamed Ali
Fiche d'identité
Nom complet Cassius Marcellus Clay Jr,
puis Mohamed Ali
Surnom Louisville Lip
HeadHunter
"The Greatest"

Nationalité États-Unis
Date de naissance 17 janvier 1942
Lieu de naissance Louisville
Taille 1 m 91
Catégorie Poids lourds
Palmarès
Combats 61
Victoires 56
Victoires par KO 37
Défaites 5
Titres obtenus Champion du monde (lourds)
1964-1967, 1974-1978
Médaille d'or olympique (lourds-légers)
1960
Né Cassius Marcellus Clay Jr., le 17 janvier 1942, Muhammad Ali-Haj ou encore Muhammad Ali est un boxeur américain considéré comme un des meilleurs poids lourds de tous les temps. Il fut d'ailleurs nommé sportif du XXe siècle par une assemblée de journalistes internationaux, devant Pelé. Il a acquis la célébrité mondiale autant par ses performances de sportif que par son activisme politique.

Le 17 décembre 2005, bien que gravement malade, il se déplace à Berlin pour recevoir la prestigieuse Médaille de la Paix Otto Hahn, décernée tous les deux ans par la Société allemande, au nom des Nations unies.

# Posté le jeudi 25 octobre 2007 15:23

Cat Stevens Yusuf Islam

Cat Stevens Yusuf Islam
Cat Stevens, qui a changé son nom en Yusuf Islam depuis sa conversion à l'islam, est un chanteur, auteur et compositeur britannique. Il vit aujourd'hui à Londres participant à des opérations caritatives musulmanes
Le chanteur [
Stephen Demetre Georgiou est né le 21 juillet 1948 à Londres d'un père grec chypriote et d'une mère suédoise. Il fait ses études dans une école catholique dont il gardera une forte religiosité. Son père, Stavros et sa mère, Ingrid, dirigent un restaurant et toute la famille vit au dessus. Stephen a un frère et une s½ur plus âgés que lui, David et Anita. Sous l'influence de ses parents, il pratique très tôt la musique, tout d'abord au piano puis à la guitare. À 16 ans, il joue le soir dans les bars où il se fera connaître et à 17 ans il entre dans une école d'art.

A 18 ans, il se présente chez le producteur Mike Hurst qui lui demande de lui montrer ses compositions. Tout de suite conquis, le producteur lui demande son nom, il répond « My name is Stephen but they call me Cat Stevens » (ce surnom lui aurait été donné par une fille parce qu'il avait des yeux de chat), c'est désormais sous ce nom qu'il sera connu.

Dès 1966 il publie un grand nombre de chansons. Il connaît rapidement le succès et la célébrité avec son premier titre I love my dog. Après une période de maladie - il avait contracté la tuberculose - il sort son premier album Matthew and Son en 1967 qui sera suivi par une dizaine d'autres.

C'est accompagné simplement d'une guitare ou d'un piano qu'il interprète ces balades folk qui lui apporteront une renommée mondiale et feront de lui un des chanteurs clef de son époque.
De 1967 à 1977, le point culminant de cette carrière étant l'année 1970, il multipliera les succès (40 millions de disques). Son ½uvre sur cette période reste très appréciée et compte plusieurs hits tels que The First Cut Is The Deepest, Father and Son,Wild World et Lady d'Arbanville, ces deux dernières en hommage à l'actrice Patti d'Arbanville http://www.pattidarbanville.com/biography.html], sa petite amie du moment. C'est devenu le succès planétaire que l'on sait. Patti d'Arbanville, égérie warholienne, est actrice à 17 ans dans le cultissime Flesh (1968) de Paul Morrissey. En 1971, il compose l'intégralité de la bande originale du classique Harold et Maude de Hal Ashby qui compte des morceaux fameux tels que Don't be Shy, Trouble ou encore If you want to sing out.

Après sa conversion à l'Islam, il abandonne sa vie de pop star. Il revient au chant en 1985 pour participer au Live Aid à vocation humanitaire. Environ trois décennies après qu'il a abandonné la vie d'artiste (voir infra), on annonce un nouvel album de chansons pour l'automne 2006 qui vise à favoriser la compréhension de l'islam par le monde occidental. [1]


Le musulman [modifier]
Après avoir survécu miraculeusement à un accident le 23 décembre 1977 (il dit avoir été sauvé par Dieu), Cat Stevens renonce à sa vie d'artiste folk pour embrasser la religion musulmane sous le nom de Yusuf Islam.


C'est sous ce nom qu'il vit aujourd'hui au Royaume-Uni avec sa femme et ses filles. Il participe à des mouvements islamiques (il a fondé une association d'aide aux musulmans) et continue à chanter principalement des chansons religieuses (anasheed), ainsi que pour des opérations caritatives (telles que pour le tsunami de 2004). Sa conversion l'a ammené à se questionner sur la compatibilité entre la musique folk/pop et la pratique rigoureuse de l'islam; c'est pourquoi il a arrêté pendant des années de chanter des chansons autres que religieuses. Ce n'est qu'en 2006 qu'il décide sortir un nouvel album pop, An Other Cup.

Sa conversion à l'islam a aussi été source de polémique.
En 1989, lorsqu'il lui fut demandé ce qu'il pensait de la fatwa prononcée à l'encontre de Salman Rushdie, il déclara être lui-même opposé aux écrits de l'écrivain et ne montrer aucune opposition à la fatwa. La controverse soulevée par cette déclaration le poussa à préciser dans un communiqué qu'il n'encourageait pas personnellement l'application de la fatwa (appelant à l'assassinat de Salman Rushdie).
Deux versions sur cette polémique : ses propos, tenus devant des étudiants, auraient étés mal interpretés et déformés. Il est vrai que Cat Stevens/Yusuf Islam fût, est et restera probablement un homme de paix, répetant à propos du 11 Septembre 2001 et de ses évènements que le Coran "equates the murder of one innocent person with the murder of the whole of humanity", considère le meurtre d'un innocent tout autant que s'il s'agissait de l'humanité entière.


En 2004 il fut au centre d'une autre controverse lorsque, sur le vol 919 de United Airlines de Londres à Washington, les services de sécurité américains firent atterrir dans l'urgence son avion car le système informatique (Computer Assisted Passenger Prescreening System) a marqué son nom comme enregistré sur "No Fly List". Les autorités américaines l'accusent d'avoir financé le Hamas mais ne fournissent aucune preuve qui justifie cette allégation . Il est alors interdit d'entrée sur le territoire des États-Unis . À sa descente d'avion, le FBI le place alors en détention puis le renvoie au Royaume-Uni quelques jours plus tard. À ce jour, il reste interdit de séjour sur le territoire américain (États-Unis). Cela pousse l'ex-ministre des affaires étrangères Jack Straw à porter plainte auprès de son homologue Colin Powell, secrétaire d'état américain à l'époque, aux Nations unies. Selon Yusuf Islam, l'homme qui figure sur la liste se nommait Yousef Islam et indique que Yusuf Islam (lui-même) n'était pas l'homme cherché.


# Posté le jeudi 25 octobre 2007 15:49